Je suis régulièrement confronté à un manque de place sur mon ordinateur, et la production de contenus et de vidéos n'a pas vraiment arrangé les choses...
Malgré un ménage régulier, il était temps de changer pour un disque de plus grande capacité... J'ai donc profité de la baisse des prix des disques pour m'en acheter un nouveau et doubler la taille de celui d'origine.
Mais, après l'avoir reçu, j'avoue qu'il a pris la poussière quelques semaines... Principalement un manque de temps pour réinstaller le système et les multiples applications, tout paramétrer, etc... Il fallait que je trouve une autre solution.
Je me suis donc lancé dans une opération de clonage, un peu comme on pouvait le faire à l'époque des anciens Windows et un outil certainement oublié par la plupart Norton Ghost...
Dans ma prochaine vidéo, je vous propose de suivre les étapes de ce changement de disque dur, en montrant comment j'ai utilisé l'outil libre et gratuit Rescuezilla, pour cloner mon disque, le remplacer, étendre les partitions et profiter de l'espace disponible.
Si l'opération est relativement simple, il ne faut pas négliger le risque quand on manipule partitions et disques et prévoir au cas ou des backups solides en cas de problème.
Stratégie de sauvegarde 3,2,1
La stratégie de sauvegarde 3,2,1 signifie :
- 3 copies de vos données, les données d'origines incluses
- 2 supports différents
- 1 copie sur un site externe
Dans les systèmes d'information d'entreprise, la stratégie de sauvegarde 3,2,1 est connue, car facile à retenir. Elle permet d'atteindre un niveau de sécurité minimal pour les données (ce n'est toutefois pas suffisant de mon point de vue, je m'explique plus loin). Son principe est assez simple :
3 copies de vos données
3 copies de vos données, ce qui signifie concrètement qu'en plus des données d'origines, il faut prévoir 2 copies supplémentaires.
2 supports de stockages
2 supports de stockage distinct, car si l'on conserve plusieurs copies sur un seul média, le jour où ce dernier est HS pour quelques raisons que ce soient, on perd l'ensemble. Il faut donc répartir les backups sur au moins deux type de supports distincts.
Pour aller plus loin, j'ajouterai isolé physiquement (voir virtuellement) l'un envers l'autre, avec des durées de vie différentes dont une moyenne (voir longue comme avec des supports sur bandes ).
1 copie hors site
Les cas d'incendie, d'inondation, voire de destruction, peuvent sembler peu probables avec un niveau de risque faible. À titre pro (et perso :( ) , j'ai été confronté à des situations critiques (plusieurs fois...). Alors si je devais avoir un conseil, formalisez le risque pour vous et votre patron. Il est humain et normal de minimiser un risque quand on y a jamais été confronté. C'est un biais cognitif, n'oubliez pas qu'il suffit d'une seule fois pour mettre une activité par terre.
3,2,1... mais pas zéro risque
Si la stratégie 3,2,1 peut sembler une stratégie de sauvegarde solide, ce n'est en fait pas vraiment le cas. En tout cas, l'appliquer en entreprise, sans une vraie analyse, peut donner un faux sentiment de sécurité. Si le sujet des analyses des moyens de protection est très vaste, voici quelques dimensions de réflexion :
- Restauration : Si vous pouvez avoir l'impression qu'une sauvegarde se passe bien, car tout est au vert, la vraie épreuve du feu consiste à éprouver sa capacité à restaurer les données. Et si certains outils le font pour vous, il est important d'en maitriser les conditions et le résultat final. Cela permet de gagner en expérience et de ne pas avoir de mauvaise surprise aux moments les plus critiques.
- Journalisation : Un utilisateur peut mettre des mois avant de se rendre compte qu'il a perdu des données importantes. Si vous réalisez des copies régulières sur un nombre de jeux de données limités, il est probable que dans ces circonstances on ne puisse pas restaurer des données effacées il y a longtemps. Une sauvegarde hebdo, sauvegardée sur un seul jeu de données limite l'antériorité de restauration à un jour...
- Temps de restauration : La performance de la restauration doit être cohérente avec les besoins de l'entreprise. Un exemple concret : Si les volumes de backup sont importants et stockés à distance, il est important d'analyser le temps de rapatriement et de restauration pour l'intégrer à son plan de reprise. J'ai été confronté à des cas, ou ce temps se mesurait en semaine, avec des durées tellement longues qu'il était impossible d'aboutir en préservant la consistance de la donnée... S'il faut un mois pour restaurer les données, il vaut mieux s'assurer que son directeur soit éclairé des conséquences en termes de perte de production et d'activité (et en accepte le risque ou lui proposer un meilleur plan)....
- Consistance : Faire un backup ne signifie pas que vos données sont consistantes et particulièrement pour les bases de données et les systèmes. Pour être sûr de faire le job correctement, assurez-vous d'avoir des logiciels qui supportent les spécificités de vos applications et de vos systèmes.
- Optimisation : Il est rare d'avoir des moyens illimités qui permettent de tout sauvegarder sans réfléchir. Une stratégie de sauvegarde optimisée et cohérente est un gage de maitrise des couts, mais aussi d'efficacité opérationnelle. Évaluer par exemple, la nature des données, leur importance et leur fréquence de modification et l'utilité de leur conservation.
- Une stratégie de sauvegarde peut faire partie d'un PCA ou d'un PRA plus large qui assurera la continuité des activités de l'entreprise.
- Stratégie d'archivage : Une stratégie d'archivage peut compléter celle de vos sauvegardes. Une archive est un jeu de données figer et répertorier et que l'on a la capacité de récupérer en cas de besoin.
- Stratégie de récupération : S’il existe des mécanismes pour que les utilisateurs soient autonomes, lorsqu'ils récupèrent leurs données. Plus l'on plonge dans l'antériorité de la donnée, cela sera difficile et (très) couteux. La stratégie de récupération permet de cadrer dans quelles circonstances, on activera tel ou tel moyen de récupération. On ne déploie en général pas les mêmes efforts pour une négligence et pour une procédure juridique.
Si l'ensemble de ces dimensions peut sembler complexe à analyser, mon dernier conseil n'est pas de commencer en essayant d'avoir un système parfait, mais de commencer la ou ça urge le plus (un backup même un peu ancien vaudra toujours mieux que plein de backups qui ne fonctionnent pas) , et d'itérer régulièrement pour consolider vos différents plans.
Sauvegarde dans un cadre perso
Appliquer ce type de mesure à titre perso est complexe et pas vraiment adapté. On peut toutefois en tirer des principes et réfléchir à quelques solutions.
Comprendre : quels que soient la solution de sauvegarde choisie et utilisée, l'important est de comprendre ce que l'on met en place. C'est-à-dire les tenants et les aboutissants de ses outils et de sa stratégie de sauvegarde, avec surtout la conscience des limites de ce que l'on met en place.
Solution cloud : Une solution cloud de type GoogleDrive, OneDrive, etc... est solution facile et pratique pour assurer l'externalisation des données en dehors de chez soit. Et même si l'on efface ses données par mégarde, la plupart des services sont munis de mécanismes de corbeille qui permettent de récupérer les données effacées pendant un certain laps de temps.
Allez à l'essentiel : à la complexité, il est sage de privilégier des outils simples, robuste, mais que l'on maitrise dans la durée. La plupart des systèmes d'exploitation disposent d'outil simple qui vous assurera une sauvegarde cohérente de votre système et de vos données. Bien sûr, en s'assurant de ne pas avoir toutes ces données et backups au même endroit !
Archivage : Un copier-coller dans un disque dur de ses données n'est pas une sauvegarde, et cela se transforme en général vite en un beau bazar.... Si cela nécessite un peu plus de temps, il est plus efficace de privilégier la création d'archives complètes, régulières et datées de vos données.
Versionning : s'ils ne sont pas à proprement parler des systèmes de sauvegarde, les technologies de snapshot, de clichés instantanées, et autres timemachine, permettent de compléter ses backup et ses archives. Ce sont des moyens efficaces de retrouver les modifications de vos fichiers à moindre coût. N'hésitez pas à utiliser ces mécanismes, ils sont là pour ça...
J'espère que ces quelques réflexions à chaud vous seront utiles. N'hésitez pas à me faire part des systèmes et solutions que vous mettez en place.
En attendant, c'est juillet, profitez bien de cette période estivale.
À très bientôt,
Stéphane